A propos

Le 24 mars 2011

 

Cher Monsieur Herman

 

Au nom de la bibliothèque de l’Institut de Recherche Juive Yivo, c’est avec grand plaisir que j’accuse réception de votre compilation complète de et sur Samuel Schwarzbard. Le livre est dans notre catalogue virtuel et l’édition papier dans notre bibliothèque... Merci beaucoup pour ce cadeau important, je suis sûre que beaucoup de chercheurs bénéficieront du fruit de votre érudition.

                                                          Avec mes meilleurs vœux.

Sincèrement vôtre,

 

Bibliothécaire en chef

Institut de Recherche Juive Yivo

15 West 16th Street

New York, NY 10011


Ces Mémoires d'un anarchiste juif, dont Michel Herman est le maître d’oeuvre...

 

  ... résultent d’un patient travail de collecte de textes, documents, notes et courriers de Schwarzbard retrouvés pour l’essentiel, à l’Institute for Jewish Research (Yivo, New-York) et à la Bibliothèque juive de l’Université du Cap, ville qui fut son dernier lieu de résidence. Habilement intégrés aux écrits autobiographiques de Schwarzbard déjà publiés en yiddish, ces « divers matériaux narratifs, épistolaires et poétiques » inédits trament en une quinzaine de chapitres chronologiques, le récit d’une existence dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle méritait d’être connue... Au-delà de l’intérêt global que suscite la lecture de ces Mémoires d’un anarchiste juif, on avouera un faible pour les cinq chapitres que Schwarzbard consacre à Octobre 17 et aux années de guerre civile. Ces pages qui évitent le plus souvent l’emphase pour s’en tenir à la simple relation des faits, regorgent en effet d’informations de première main et on apprend beaucoup par exemple " sur la prise d'Odessa" décrite avec minutie et sur le rôle d’avant-garde qu’y jouèrent les anarchistes. De la même façon, très riche est le récit que fait Schwarzbard des événements qui conduisirent à la formation de la « brigade Rossol », forte de 700 hommes et dont l’emblème était noir, et des combats auxquels elle participa, en Ukraine, durant les années de guerre civile. Mais le témoignage vaut également – et comment ! – pour les multiples exemples qu’il donne de la progressive capture de la révolution par les bolcheviks... Écoeuré par la tournure que prennent les événements, Schwarzbard rentre à Paris en 1920. Dès lors, il vouera l’essentiel de ses activités à organiser la solidarité avec les victimes juives ukrainiennes des pogroms.

                                                                                                                                                                          À contretemps – septembre 2010

                                                                                                                                                                                                       Mathias Potok

Un révolutionnaire juif hors du commun...

 

  ... À Paris, le 25 mai 1926, Simon Petlioura, le principal responsable des pogromes ukrainiens qui firent 100 000 victimes est tué par un anarchiste juif, Samuel Schwarzbard. Défendu par Me Henri Torrès, il sera acquitté. Personnalité complexe, très attachante, toute en contradictions, pacifiste et patriote, militant internationaliste, nationaliste, autodidacte, polyglotte, pétri de religion, libre-penseur... Venu en France, pays des Droits de l’Homme, il sera hyper-patriote en s’engageant dans la Légion étrangère durant la Grande Guerre. Grièvement blessé en 1916, il sera démobilisé. L’année suivante, il partira pour Moscou et participera aux révolutions russes. Puis viendra à Odessa et en Ukraine soutenir ses camarades anarchistes, s’opposant aux bolcheviks totalitaires. Dans son journal, il montre des images fortes, à la limite du supportable. Il décrit le soldat « chair à canon », et « leurs membres aussi meurtris que leurs rêves ». Il croit au messianisme de l’homme désireux de nous persuader que l’humanité n’est pas foncièrement mauvaise. Après son procès, il désire se rendre en Palestine, meurt en Afrique du Sud en 1938. Ses restes sont rapatriés à Beersheva en 1939.

                                                                                                                                                                                      Actualité juive juin 2010

                                                                                                                                                                                                    Henri Minczeles

Samuel Schwarzbard, enfant du Yiddishland...

 

  ... est surtout connu pour avoir assassiné de sang-froid le dirigeant pogromiste ukrainien Pétlioura, vengeant le sang juif versé en Ukraine pendant la révolution de 1917. Fait exceptionnel dans les annales de la justice française, il ressortira libre de son procès. Cet évènement donna lieu à la création de la Ligue Internationale Contre l’Antisémitisme, LICA. De la misère en Ukraine aux pogroms et à ses premiers actes militants lors de la révolution russe de 1905, on suit Schwarzbard dans ses années d’errance et de bohème jusqu’à Paris. Arrivé plus mort que vif gare de l’Est, il est soigné par des travailleurs du rail qui réussissent à l’incorporer dans leur équipe de travail. Engagé dans la légion, la force de son récit réside dans la froide description qu’il fait de la macabre tragédie de 14-18. Son écriture, époustouflante de vérité, pose encore aujourd’hui la question  : comment ces millions de soldats ont-ils pu s’entretuer et attendre leur propre mort dans une litanie de gémissement et de fracas de corps déchiquetés  ? Blessé, décoré, puis démobilisé, il repart dans cette Russie où gronde la révolution. À Odessa il devient l’un des animateurs du mouvement libertaire local, qu’il décrit sans concession. Schwarzbard ira sur le front, à la frontière roumaine, défendre la Révolution contre les blancs. La mainmise bolchévique sur l’éducation l’empêchera de créer une école libertaire sur le modèle de l’espagnol Francisco Ferrer. Avant son retour en France, désabusé des échecs de la révolution sociale, il s’engage dans un bataillon qui fait la chasse aux pogromistes. Il finira sa vie en Afrique du Sud, célébré comme un héros de la lutte antiraciste. Schwarzbard donne un témoignage émouvant autant que réaliste, teinté de messianisme juif révolutionnaire, de tous les grands évènements qui ont marqué l’Europe pendant le premier tiers du XXe siècle.

                                                                                                                                                                      Alternative Libertaire - Février 2011

                                                                                                                                  Jean Marc Izrine (AL Toulouse)